3000 visiteurs et amateurs de vin se retrouvent tous les ans au coeur du grandiose bâtiment du XIIIe siècle.

Ce bâtiment a été construit en 1293, en deux années seulement, par Marguerite de Bourgogne, veuve du roi de Sicile Charles d’Anjou, et belle-soeur du roi Saint-Louis.
Bâtie telle une église-halle, cette immense nef a une longueur de 90 mètres, une largeur de 18 mètres et une hauteur de 27 mètres.
La toiture de 4500 m2 est recouverte de tuiles de Bourgogne ayant la particularité d'avoir une couleur rose-orangée.
D’autres bâtiments complétaient l’enceinte. De cet ensemble, en partie détruit à la révolution et remanié au fil des siècles, subsiste cette immense chambre des malades, superbe nef terminée par une église à trois chapelles de style gothique.

Cette chapelle à croisées d’ogives, d'où les soeurs célébraient les Offices, comportait quatre autels . Il y avait une fenêtre dans chaque chapelle latérale de l’abside avec des vitraux à l’effigie du roi et de la reine (détruits en 1793, des reconstitutions sont visibles dans le musée). Un jubé de pierre surmonté d’une croix séparait la salle de la partie sacrée.
Un porche donnait sur la rue côté ouest. Sur le tympan de l'entrée de la salle des malades, au-dessus de la porte géminée sur pilastre, était sculpté le Saint-Sauveur (la tête se trouve actuellement au musée du Louvre à Paris) ; côté église était représenté le Jugement Dernier (dont on peut apercevoir une pièce retrouvée à l’entrée de la salle) de l'autre, le Christ en majesté.

A l'intérieur, d’immenses poutres de chêne horizontales (poinçons) d’une seule pièce, soutenues en leur centre par des poutres verticales (entraits) empêchent les murs latéraux de s’écarter, tandis que des contreforts extérieurs retiennent les parois. Une immense voûte en plein cintre lambrissée de chêne recouvre la charpente. Les étoiles de la voûte permettaient alors d’évacuer la fumée des braseros (et les mauvais esprits).

La grande salle abritait une quarantaine de lits pour accueillir et protéger les personnes dans le besoin jusqu’à leur rétablissement, d’où ils repartaient vêtus, avec un peu d’argent pour poursuivre leur route ; les enfants «trouvés» étaient aussi pris en charge puis confiés à des nourrices.

Pendant deux siècles, du XIVe au XVIe siècle, la lèpre, la peste, les famines, les guerres de religion affaiblirent fortement l’état financier des hôpitaux et leurs ressources.
Les plus riches "achètent" alors leur salut en faisant des dons, le pauvre permettant désormais de s’assurer la "Paix Eternelle".
C'est ainsi que fut sculptée la Mise au tombeau en 1454, financée par un riche marchand de Tonnerre.

En 1648, un second hôpital fut construit pour des raisons sanitaires (manque de chauffage, humidité).

La grande salle fut alors désertée et servit de lieu de sépulture. Le sol est encore recouvert de pierres tombales de religieux, de donateurs, de bienfaiteurs et de familles nobles.

En 1781, des travaux ordonnés par le Marquis de Courtanvaux ont mutilé le porche du XIIIe siècle et le sas, long couloir de 8 mètres, qui séparaient la route de la grande salle.

Enfin, en 1850, faute de place, le pavillon Dormois vit le jour. 700 ans plus tard, malgré toutes les vicissitudes connues par Tonnerre (guerres, incendies), l’hôpital demeure patrimoine du Centre Hospitalier.

vigne et patrimoine
petites histoires

D'après le registre de comptes le plus ancien (1332-1350), l'hôpital tirait de ses vignes du vin blanc et du vin "vermaille" qu'il utilisait pour sa propre consommation ou qu'il vendait parfois à l'extérieur, notamment à Paris ou aux confins de la France

En 1809, afin de préparer l'Hôtel-Dieu en vue d'héberger 400 prisonniers de guerre espagnols qui travailleront sur le chantier du canal de Bourgogne, les religieuses nettoient la Grande Salle à l'eau eu au vinaigre "afin de neutraliser le méphitisme"

L'hôpital de Tonnerre avait dans son enceinte un pressoir et une vinée. Le local est affecté à d'autres usages suite à la crise phylloxérique, mais la vis du pressoir est conservée. Elle est actuellement dans la salle Courtanvaux

Outre le vin issu de ses vignes, l'hôpital produisait du vinaigre, de l'eau de vie et du verjus. Ces trois boissons étaient utilisées en cuisine mais entraient aussi dans des compositions pharmaceutiques.

Le vinaigre est un puissant nettoyant. Il était utilisé à l'hôpital dès la fin du 18e siècle pour désinfecter les salles, dilué dans de l'eau ou en fumigation.

En 1359, Tonnerre est pillée et incendiée par les troupes du roi d'Angleterre Edouard III. Seuls les bâtiments hospitaliers, où logeaient le roi et sa cours, sont épargnés.

l'institution serait due à la qualité de son vin que le roi, fin amateur, aurait particuiérement apprécié.

  • Facebook - White Circle
  • Instagram - Cercle blanc
Contact

Adresse :

Chez Autour du Pressoir

1 place Marguerite de Bourgogne

contact_at_vineestonnerroises.com

2020 - Créé par Ocre Rouge  Création